“Il est important de parler de son handicap, notamment lors d’un entretien d’embauche“

Olivier Pontreau, Animateur du groupe Handicap
publié le 08 juillet 2014

Engagée en faveur du handicap et de la diversité, la Conférence des Grandes écoles a mis en place un groupe de travail dédié au handicap, afin de faciliter l'accès des personnes handicapées à la formation et à la vie professionnelle. Olivier Pontreau, animateur du groupe Handicap de la CGE, nous présente les différentes actions mises en place. 
 
Quelles sont les missions principales de la CGE ?

La CGE est une Association de loi 1901, elle rassemble les grandes écoles d'ingénieurs, de management et de haut enseignement multiple ou spécifique, toutes reconnues par l'Etat, délivrant un diplôme national sanctionnant au moins cinq années d'études après le baccalauréat et conférant le grade de master. Elle compte également parmi ses membres des entreprises, des associations et des organismes.
Le rôle de la CGE est de :
  • Développer l'information interne, l'entraide et la solidarité entre ses membres
  • Promouvoir les écoles, tant sur le plan national, que sur le plan international
  • Faire évoluer les formations, développer la recherche
  • Effectuer les démarches d'intérêt commun auprès des pouvoirs publics
  • Accréditer des formations : MS, MSc, BADGE
Que faites-vous en matière de Handicap ?
 
La CGE a mis en place un groupe de travail “Handicap“ qui réunit l’ensemble des référents handicap de chaque école. Il y a actuellement 150 référents sur les 214 écoles membres de l’association. L’objectif de ce groupe est de faciliter l’accès des personnes handicapées aux études et à l’emploi. Nous menons notamment des actions de communication et de sensibilisation auprès des écoles membres de la CGE, mais aussi auprès des collèges et des lycées, afin de montrer qu’il est possible d’intégrer une grande école malgré le handicap.
 
Tous les 2 mois et 5 fois par an, nous organisons des rencontres avec tous les référents du handicap, et une fois par an, nous y associons également les acteurs de l’ouverture sociale et à l’égalité hommes/femmes, où nous invitons notamment les principales associations engagées en faveur du handicap : Tremplin, Hamploi et la Fédéeh. Lors de chaque réunion de travail, nous travaillons sur un thème précis tel que, la dyslexie, l’accompagnement des lycéens, les propositions de tutorat adapté etc.
 
Les principaux objectifs du groupe Handicap sont :
  • définir les actions des grandes écoles en matière de handicap
  • faire un état des lieux du handicap dans les grandes écoles
  • former les référents à leur mission en les informant, en encourageant l’échange de bonnes pratiques
  • bâtir le réseau entre les référents, les associations, les entreprises
  • assurer l’interface avec les pouvoirs publics
 Comment accompagnez-vous les étudiants dans leur recherche d’emploi ?
 
Les Grandes écoles ont des réseaux d’anciens élèves qui peuvent les aider dans leur orientation et leur parcours professionnel.  Nous travaillons également avec des associations engagées en faveur du handicap.
 
Comment s’organisent les écoles pour accueillir les étudiants handicapés ?
 
Cela dépend des écoles et de leurs moyens. Généralement, elles essayent de recenser les personnes en situation de handicap, mais c’est difficile, car les étudiants ne se déclarent pas voire peu par peur d’être discriminés. Les handicaps les plus fréquents sont invisibles (famille des dys, comme la dyslexie par exemple). Un grand nombre de Grandes écoles disposent d’une mission handicap, diversité et adapte la scolarité en fonction du handicap. Elles sont pilotées par des assistantes sociales, des psychologues, ou encore des professeurs à temps partiel. La mission handicap gère l’intégration des étudiants en situation de handicap, cela passe notamment par les aménagements des salles, des logements étudiants et par des actions de sensibilisation, comme par exemple des cours de langue des signes.
 
Avez-vous des conseils à donner aux étudiants handicapés en recherche d’emploi ?

Depuis la loi 2005, les entreprises recherchent des candidats en situation de handicap. C’est pourquoi il est tout à fait possible d’assumer son handicap, même lors d’un entretien d’embauche. Cela permet également, dans le cadre d’un recrutement, d’anticiper les aménagements. Les jeunes diplômés doivent contacter la MDPH de leur département, pour obtenir le statut de travailleurs handicapés (RQTH, recconnaissance en qualité de travailleur handicapé).


propos recueillis par Olivier Angelini