“Nous voulons montrer qu’un travailleur handicapé peut réaliser de très belles choses lorsqu’il est accompagné et bien encadré“

Benoit Flahault, Responsable du restaurant l’estaminet Quanta et président du concours
publié le 15 janvier 2014
En octobre dernier, le Lycée Professionnel Privé Sainte Marie à Bailleul, près de Lille, a accueilli la 11ème édition de “l’Assiette Gourm’hand“, concours culinaire unique en France et ouvert aux Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT). Benoit FlahaultResponsable du restaurant l’estaminet Quanta et président du concours, nous en dit un peu plus sur cet événement.

Pouvez-vous nous présenter le concours l’assiette Gourm’hand ?
 
L’assiette Gourm’hand a été créée en 2003, en partenariat avec l’association Quanta (Villeneuve d'Ascq). Par cette manifestation notre objectif est de valoriser le travail des personnes porteuses d’un handicap mental assurant des tâches de restauration dans des structures de travail protégé ou dans le cadre d’un projet d’insertion par le travail.
 
Organisé une fois par an mois d’octobre, ce concours réunit plusieurs Esat de toute la France. Chaque structure est représentée par une personne handicapée et un chef cuisinier, et doit réaliser un plat régional sur un thème imposé, accompagné des produits de leur région. Cette année le poisson était à l’honneur et les participants devaient réaliser en 1h30 un plat à base de maquereau et de crevettes. Pour cette 11ème édition, un cameraman filmait l’évènement pour mettre en évidence les gestes des candidats et retranscrire l’ambiance du concours. Nous voulons montrer qu’un travailleur handicapé peut réaliser de très belles choses lorsqu’il est accompagné et bien encadré.
 
D’où est venue l’idée de créer ce type de concours ?
 
J’étais à la recherche d’un moyen pour valoriser les travailleurs handicapés dans la restauration et ainsi montrer leur talent. Lorsque j’ai gagné mon premier concours, je me suis senti vraiment valorisé, et j’ai eu l’idée d’organiser le premier concours culinaire en faveur des personnes handicapées.
 
Pour l’organisation du concours, j’ai contacté le lycée professionnel Sainte-Marie de Bailleul, où j’ai fait mes études, et M. Pascal Piller, en charge de la promotion, qualité, alimentation, au sein de la chambre d’Agriculture du Nord Pas de Calais. L’idée était de créer un événement qui valorise le travail des personnes handicapés et les produits régionaux.
 
A qui s’adresse-t-il ?
 
Le concours est ouvert aux Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT) de toute la France. Pour le moment il n’ y pas de sélection particulière, néanmoins, nous limitons les inscriptions à une quinzaine d’ESAT pour une meilleure organisation.
 
Comment sont départagées les équipes ?
 
Les participants doivent réaliser neuf assiettes de dégustation et une assiette de présentation dressée par une personne en situation de handicap. Pour départager les participants nous avons trois jurys, un pour la technique, un deuxième pour la dégustation et un troisième pour la présentation. Les Jurys sont composés de grands chefs, comme Guillaume Gomez, chef de l’Elysée, Laurent Delarbre, chef de la Tour d’Argent à Paris, Guy Leguay, ancien chef du Ritz,  des huit meilleurs ouvriers de France et  d’un conseiller politique handicap. Cette année nous avons eu également la participation de Grégory cuilleron, le gagnant de la 1ère émission d'un dîner presque parfait, diffusée sur M6, qui était associé à Danièle Nutten, lauréate du concours en 2004.
 
Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est réputé difficile, avez-vous un conseil à ceux qui souhaitent se lancer dans le métier ?
 
Il faut être motivé et passionné. Je connais des restaurants qui embauchent des personnes en situation de handicap, financièrement c’est parfois difficile, mais c’est tout à fait possible. Ce concours permet justement de montrer que le secteur est ouvert aux personnes en situation de handicap.
 
Est-ce une opportunité pour un candidat de remporter le concours de l'assiette Gourman’hand ?

C’est une réelle opportunité, remporter un concours permet de se sentir valoriser et d’avoir confiance en soi. De plus, les vainqueurs sont accueillis dans les grands restaurants Parisien comme la Tour d’Argent, et rencontrent de grands chefs comme Thierry Marx ou Laurent Delarbre, chef de la Tour d’Argent à Paris.
 
Comment souhaiteriez-vous que ce concours évolue dans les prochaines années ?
 
Dans un premier temps j’espère obtenir la participation d’ESAT de la région Parisienne, mais mon rêve serait d’amener le concours à l’échelle l’internationale, comme par exemple le Canada. Nous avons la structure pour le faire et quelques contacts avec la Belgique et l’Allemagne. 


Propos recueillis par Olivier Angelini